Prévention et gestion des déchets en entreprise avec We Green Up

Bonjour à vous toutes et à vous tous, internautes et auditeurs de la planète Eco. Chaque année la France produit environ 800 millions de tonnes de déchets. Que ce soit des ordures ménagères, des déchets agricoles puis des déchets industriels et urbains, il est important que chacun prenne ses responsabilités dans une réduction des déchets. Au niveau des particuliers, la tendance zéro déchet a le vent en poupe. Mais qu’en est-il des entreprises ? Pour échanger sur le sujet je reçois Anouck Tharreau, Ines Perez et Laurent Hamon de l’entreprise WE GREEN UP à Angers qui œuvre dans la prévention et la gestion des déchets en entreprise.

Bonjour à tous les trois. Pouvez-vous vous présenter et nous raconter la genèse de WE GREEN UP ? 

Bonjour Yves, moi c’est Anouck co-gérante de WE GREEN UP. Je travaillais dans le secteur des déchets déjà depuis une dizaine d’années. J’avais pu constater depuis un moment que les entreprises avaient un fort potentiel d’optimisation sur ce sujet mais elles manquaient de temps et d’expertise pour le faire. Elles ont souvent leur première activité à gérer et les déchets ça demande une expertise à part entière dont elles ne disposent pas toujours en interne. Et même quand elles ont une ressource interne dédiée à la qualité sécurité environnement, elles manquent souvent de temps pour la partie environnement effective. Sur le marché il y avait beaucoup de cabinets de conseil qui s’arrêtaient justement à la phase conseil. Des prestataires de collectes qui proposent leur offre commerciale mais qui n’est pas forcément la plus adaptée à l’entreprise elle-même. C’est comme ça qu’est venue l’idée de créer WE GREEN UP pour accompagner les entreprises dans l’optimisation de la gestion de leurs déchets et dans la réduction concrète des déchets, dans l’opérationnel. Donc on peut leur apporter ce temps, cette expertise qu’ils n’ont pas. L’idée c’était de créer un service complet à l’entreprise, adapté à sa situation en toute confiance et transparence. Et aujourd’hui l’entreprise a pratiquement 2 ans et le besoin se confirme, c’est pour ça aussi que j’agrandis l’équipe avec Inès et Laurent pour m’accompagner dans cette entreprise.

Est-ce que Inès et Laurent vous pouvez aussi vous présenter rapidement ? D’où vous venez exactement, dans quel milieu, quel univers vous baignez ?

 

Bonjour Yves, je m’appelle Inès, je suis originaire de la région Bourgogne Franche-Comté. C’est là-bas que j’ai commencé ma petite carrière professionnelle dans les déchets. Ça fait à peu près 8 ans maintenant que je travaille dans ce domaine-là mais plus principalement dans les déchets des collectivités, dans les déchets des ménages, ceux que vous produisez chez vous dans votre maison. J’ai fait le même constat qu’Anouck et j’avais aussi envie d’aller plus loin puisque les déchets des entreprises c’est une des productions très conséquente du tonnage global en France. Dans cette entreprise j’ai aussi trouvé le moyen de passer à l’action très concrètement et c’est une sensation que je n’avais pas eue dans mes emplois précédents. C’est une très belle aubaine pour moi, c’est la possibilité aussi de travailler avec mes vocations et mes convictions profondes.

Bonjour Yves, Laurent, angevin depuis 20 ans maintenant. Je n’étais pas du tout dans le domaine des déchets, c’est venu par une rencontre, une belle rencontre, par l’association zéro déchet de Montreuil-Juigné où j’ai rencontré Anouck qui m’a parlé de son projet, de son entreprise, de ce qu’elle faisait, je trouvais ça intéressant. Moi je faisais un peu de tri à modeste niveau. Elle m’a dit « les entreprises c’est plus de déchets que chez les particuliers », donc je me suis un peu renseigné c’est vrai que, tu le soulignais à l’instant, plus de 800 millions de tonnes de déchets en France et les particuliers représentent quoi ? 10% tout simplement. Elle m’a motivé, incité à travailler un peu plus sur ce sujet, de là j’ai rencontré Inès et on s’est aperçus qu’on avait les mêmes valeurs. Des valeurs humanistes, alors c’est un grand mot humaniste, mais c’est vrai que ces valeurs nous rassemblent ainsi que des valeurs pour la planète. On s’est dit que vu nos parcours, vu nos compétences, on pouvait faire quelque chose ensemble, c’est pour ça qu’on a décidé de participer à l’aventure WE GREEN UP.


D’accord et merci beaucoup à Inès et Laurent. Et que proposez-vous concrètement chez WE GREEN UP ?

 

Ce que l’on propose concrètement aux entreprises c’est de nous confier la gestion de leurs déchets et les coûts qui y sont associés. Il faut être honnête, les déchets on n’a pas tous envie d’y mettre le nez et c’est comme la comptabilité ça nécessite une technicité, des connaissances, une expertise. Donc très concrètement dans un premier temps on va se rendre dans l’entreprise effectuer un audit du site, voir les types de déchets qui sont produits, ce qui est déjà valorisé, les habitudes en termes de tri des déchets, les coûts qui y sont associés également. Et à partir de ce diagnostic qu’on a effectué, on va pouvoir déceler les actions qui peuvent être mises en œuvre pour justement avoir un impact plus écologique en termes de gestion des déchets, donc éviter le déchet ou mieux le valoriser par le recyclage ou la valorisation énergétique. Et puis également des solutions, des actions qui vont avoir un impact positif sur l’aspect social dans l’entreprise, et, dans le meilleur des cas, un impact aussi favorable à une réduction des coûts qui y sont associés. Ensuite ce qu’on propose également en parallèle c’est vraiment que les entreprises puissent nous confier sur le long terme la gestion de leurs déchets via un abonnement. Donc on va suivre de manière durable les choses, toujours veiller à ce que l’entreprise réglementairement parlant, en termes de déchets, soit bien dans les clous et puis continuer toujours sur le long terme à aller chercher les solutions pour valoriser plus de matière dans l’entreprise et toujours plus optimiser la gestion des déchets.

 

Alors justement pour revenir au niveau réglementaire, les exigences en matière de prévention et de gestion des déchets sont de plus en plus drastiques, comment vous arrivez à accompagner les entreprises de ce point de vue-là purement juridique ?

 

Dans l’accompagnement qu’on propose le respect de la réglementation c’est une priorité, les règles elles sont de plus en plus drastiques mais il faut savoir aussi que même les règles qui existent depuis longtemps sont loin d’être appliquées. Nous déjà on a ce devoir d’information sur la réglementation de tous nos clients et on les accompagne tout simplement dans la mise en œuvre des actions réglementaires qui ne sont pas encore en place dans leur entreprise. Pour certaines actions elles peuvent aussi nous sous-traiter une partie du suivi réglementaire, je prends l’exemple du registre des déchets des entreprises qui est obligatoire depuis 1992 pour les déchets dangereux et 2012 pour les déchets non dangereux et qui n’existe pas dans a peu près 70-80% des entreprises. On peut s’occuper de ça pour elles et ça nous sert de toute façon aussi à mesurer les actions d’optimisation qu’on met en place dans les établissements.

 

On le voit aussi notamment sur le numérique, sur la protection des données, il y a des réglementations qui existent depuis plusieurs années et qui sont difficilement, ou pas encore appliquées. Alors on sait que vous vous adressez aux dirigeants des entreprises, mais pour pouvoir faire ce genre de travail c’est vrai qu’il faut réussir à avoir l’adhésion des salariés, parce que si on n’a pas l’adhésion des salariés ça peut être aussi compliqué de mettre en place ce genre de chose. Quels sont les leviers, comment vous arrivez à embarquer tout le monde dans cette gestion des déchets ?

 

On embarque tout le monde déjà en impliquant tout le monde, c’est-à-dire que dès le diagnostic on va rencontrer les salariés, échanger avec eux sur le poste de travail. Ils vont nous dire leur problématique ou pas et on va surtout apprendre à les connaître une fois qu’on sait ça. Et  on va les impliquer sur les solutions éventuelles. Une fois que les solutions sont basées on va les tester ensemble, on parle d’intelligence collective j’aime beaucoup ce mot là « l’intelligence collective » parce que c’est à l’image de la planète. La planète est une intelligence collective et bien là on applique au sein de l’entreprise cette intelligence collective. Et on s’aperçoit aussi que souvent ces salariés, ce travail de gestion de déchets ils le font déjà chez eux. Donc ils se donnent en fin de compte une prolongation de ce qu’ils font chez eux dans l’entreprise. Ça a du sens aussi : l’emploi que je fais participe à l’amélioration de la qualité environnementale. Tous ces facteurs cumulés fait que l’on travaille en harmonie et en bonne intelligence. Alors les solutions ne sont pas figées, elles évoluent avec le temps mais comme la planète évolue, on est toujours dans cette dynamique de mouvement et d’avancer ensemble.

 

Un autre complément d’information, Anouck ?

 

Oui ce que je voulais dire justement sur l’expérimentation comme disait Laurent : c’est important de tester certaines pratiques, on n’a pas toujours la solution tout de suite et c’est l’intérêt de notre service aussi d’avoir un côté sur-mesure qui permet de s’adapter. On peut par exemple tester un modèle de contenant à tel endroit avec tel salarié et le faire évoluer en fonction du test avant d’élargir à l’ensemble de l’entreprise par exemple. C’est vraiment en collaboration avec les salariés et les dirigeants.

 

Et finalement on se rend compte que c’est tout le temps, comme le disait Laurent, tout le temps en train de bouger, tout le temps en mouvance donc il faut savoir s’adapter aussi au quotidien finalement.


Oui, c’est aussi pour ajouter à l’intérêt de notre suivi, qu’on propose en forme d’abonnement pour ceux qui le veulent, c’est qu’il y a toujours des évolutions et notamment on accompagne aussi nos clients dans la mise en œuvre d’actions de réemploi des matières donc ça va au-delà du simple tri de la poubelle. C’est aussi se dire « cette matière là aujourd’hui elle n’a pas de valeur dans mon entreprise elle est jetée aux déchets ultimes, est-ce qu’il n’y a pas un acteur autour de moi qui pourrait s’en resservir pour faire autre chose ? ». Cette solution là on ne l’a pas toujours dans l’immédiat au moment du diagnostic, par contre régulièrement au gré des rencontres des clients on trouve des solutions au fur et à mesure et ce suivi permanent qu’on a avec eux nous permet de les connecter ensemble et de créer des synergies aussi entre entreprises.

 

C’est vraiment tout un écosystème très complet finalement que vous êtes en train de mettre en place. Alors j’ai une question récurrente dans mon podcast , c’est : est-ce que vous pensez que les futures générations auront une fibre un peu éco ? Alors on peut mettre ce qu’on veut derrière éco…

 

Ça on en est convaincu, par expérience en fait. Le fait d’être depuis des années dans ce domaine-là j’ai pu voir l’évolution des générations. J’ai commencé comme Inès par des emplois de ce qu’on appelait « ambassadeur du tri » où on sensibilisait dans les écoles les enfants. Le tri des poubelles dans les foyers ça date juste d’avant les années 2000 c’est très récent et du coup il n’y a pas encore eu une génération complète dans les pratiques. Par contre les enfants qui commencent à arriver sur le marché du travail aujourd’hui sont des gens qui ont commencé à être sensibilisés plus jeunes. Ils sont nés avec ça donc je pense que pour ce sujet-là il n’y a pas de soucis. Sur tout ce qui est réduction des déchets on entend beaucoup « démarche Zéro Déchet » c’est vraiment d’actualité mais ça ça à a peine 10 ans la réduction des déchets et dans les entreprises encore moins. On est vraiment dans un système qui ne demande qu’à se développer. Là-dessus je pense que les générations auront beaucoup plus les automatismes que nous et, comme on disait ensemble, on espère que c’est la fin avec ces générations de la benne fourre-tout dans les entreprises et qu’il y ait vraiment un automatisme de valorisation pour donner de la valeur aux matières.

 

Comment on peut vous contacter WE GREEN UP ?

 

On a un site internet, www.wegreenup.fr, sur lequel on retrouve nos coordonnées et sinon par mail c’est très simple c’est au choix si on veut contacter Laurent, Inès ou Anouck c’est notre prénom avec @wegreenup.fr.

 

Parfait très bien, merci beaucoup pour cette interview et longue vie à WE GREEN UP.

 

Merci.