Pourquoi est-ce si important de protéger les océans ?

Photo de Sebastian Pena Lambarri sur Unsplash.com

Photo de Sebastian Pena Lambarri via Unsplash.com

Recouvrant plus de 70% de sa surface, les océans sont d’une importance vitale pour la planète, mais également pour tous ses habitants.

Malgré tout, de nombreux dangers planent au-dessus d’eux…

Les menaces qui pèsent sur les océans

L’un des facteurs majeurs du « mal-être » des fonds marins est la pollution. En effet, on estime que 80% de la pollution marine est lié aux activités humaines. De nombreux déchets sont déversés chaque jour dans la mer : fertilisants et pesticides issus de l’agriculture conventionnelle, eaux usées, déchets radioactifs, pétrole, etc. Ils entraînent la mort de très nombreuses espèces de poissons, de mammifères marins, d’algues, d’oiseaux… Mais le fléau principal de l’océan est avant tout la pollution plastique. Les déchets plastiques l’ont littéralement envahi, au point qu’on les nomme le « septième continent ». Les tortues marines et d’autres espèces confondent ces déchets avec de la nourriture, ce qui les amènent à s’intoxiquer, s’étrangler, voire s’étouffer avec les débris les plus gros. Le problème du plastique s’étend sur toutes les mers du monde, mais la Méditerranée reste la plus touchée d’entre elles.

En même temps que la pollution des océans s’aggrave, le dérèglement climatique les touche de plus en plus. L’accélération de la fonte des glaces, ainsi que l’augmentation de la température des océans, provoque une montée des eaux significative. Et cela n’est pas sans conséquence, notamment pour les populations côtières. De plus, les scientifiques observent une acidification des océans dûe au réchauffement climatique, entraînant une baisse de la teneur en oxygène dans l’eau et donc une « asphyxie » de certains endroits, appelés « zones mortes ». Ces dernières ont été multiplié par 10 depuis 1950 et s’étendent aujourd’hui sur 254 000 km², soit environ la surface du Royaume-Uni. Les récifs coralliens, abritant plus d’un tiers des espèce marines connues, sont particulièrement touchés du fait de leur sensibilité aux changements environnementaux. La baisse de l’oxygène les fait « blanchir », et donc mourir. La grande barrière de corail (qui s’étend sur près de 2000km le long des côtes australiennes) est sévèrement impactée puisqu’en 2016, 50% de ces coraux ont blanchis.

La vie marine est également victime de notre consommation massive de poissons et fruits de mer. En effet, ce sont chaque année près de 82 millions de tonnes de poissons qui sont pêchés. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 90% des espèces marines commerciales sont actuellement surexploités ou pêchés à la limite de durabilité. La pêche industrielle fait des ravages, notamment à cause de méthodes de pêche destructrices comme le chalutage profond (interdit depuis 2016 dans les eaux de l’Union Européenne, mais qui continue d’être autorisé dans les autres mers du globe). Les industriels de la pêche causent également des problèmes sociaux, car ils concurrencent les petits artisans pêcheurs pour qui, bien souvent, les poissons sont la seule source de revenus. A noter que 1% des navires sont responsables de 50% des captures !

De plus, la pêche illégale est encore présente dans de nombreuses mers autour du monde, pour une valeur estimée entre 10 et 23,5 milliards de dollars par an. Ces pêcheurs ne respectent ni les quotas de pêche ni les considérations environnementales. C’est le cas, par exemple, de la mer de Cortez au Mexique, où sévissent de nombreux « pirates ». Des cartels mexicains pêchent en grand quantité le totoaba, une espèce de poisson endémique de cette région, dont la vessie se vend plus cher que l’or sur le marché noir asiatique. A cause de cette pêche illégale, la population de totoaba a diminué de 95% en moins d’un siècle, ce qui place cette espèce en danger critique d’extinction.

Les stocks n’ont donc pas le temps de se renouveler ce qui, à court comme à long terme, peut amener à de graves problèmes. La revue américaine de référence Science estime que si nous continuons la surpêche (légale comme illégale), il n’y aura plus aucun poisson dans l’océan d’ici 2048.

Notre lien avec la mer

Pourtant, nous dépendons inévitablement des océans. Tout d’abord, ils permettent de nous nourrir grâce aux nombreux poissons qui s’y trouvent. Si sa consommation peut paraître occasionnelle, voire anecdotique pour certains, ce n’est pas le cas pour tous. Aujourd’hui, 3 milliards de personnes dans le monde dépendent du poisson pour leur apport en protéines animales. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de sécurité alimentaire pour ces populations.

De plus, les pollutions en tout genre qui intoxiquent nombre d’espèces marines se retrouvent bien souvent dans nos assiettes. Par exemple, une étude réalisée en 2016 par des chercheurs de l’Université de l’agriculture et de la technologie de Tokyo a dévoilé que 80% des anchois pêchés dans la baie de Tokyo contenaient des microplastiques. Mais d’autres études ont également montré que les fruits de mer destinés aux consommateurs européens (dont la France) contenaient également des microplastiques. Nous pourrions donc avaler près de 11 000 morceaux de microplastiques par an via la consommation d’huîtres, moules, etc.

Mais au-delà l’aspect purement nutritif de la mer, elle nous permet avant tout de respirer ! Grâce à la photosynthèse réalisée par le phytoplancton, elle produit 50% de l’oxygène que nous respirons. De plus, elle absorbe jusqu’à un tiers de CO2 liés aux activités humaines. La bonne santé des océans est donc aussi une question de survie pour les Hommes.

Alors que faire ?

Ce constat, quelque peu alarmiste, nous fait prendre conscience qu’il est urgent d’agir pour la protection des océans. Mais devant les grands industriels halieutiques ou les pêcheurs illégaux, nous nous sentons bien impuissants… Malgré tout, il est possible, à notre échelle, d’agir de manière concrète.

Entre 1990 et 2018, notre consommation de poisson a été multiplié par 2. Commencer par en manger moins est déjà un premier pas. Et lorsque nous souhaitons en acheter, il vaut mieux privilégier les espèces locales, pêchées par des pêcheurs artisans avec des méthodes douces et/ou avec le label MSC.

Pour agir en toute connaissance de cause, vous pouvez faire des recherches sur ce (très) vaste sujet. Internet regorge de sources d’informations à propos de la sauvegarde des océans. La plateforme Netflix propose notamment de nombreux documentaires : « A plastic ocean » (sur la pollution plastique), « Mission Blue » (sur le combat de la biologiste marine Sylvia Earle) ou encore « Chasing Coral – Climat en péril : la preuve par l’image » (sur le blanchiment des coraux). La chaîne de télévision France 2 diffuse aussi depuis fin 2019 « Sur le front », un documentaire/reportage sur la protection de l’environnement, dont le premier numéro était consacré aux océans (disponible en replay). Si vous préférez le support papier, le fondateur de Sea Shepherd Paul Watson a écrit plusieurs livres, comme « Urgence ! Si l’océan meurt nous mourrons » ou « Earthforce – Manuel de l’éco-guerrier ».

Pour aller plus loin, vous pouvez également soutenir et/ou vous engager dans une association comme Sea Shepherd, qui lutte au quotidien pour la défense de la vie marine. N’hésitez pas à écouter le podcast de Génération Eco qui lui est consacré !


Sources et références