Mobilité urbaine : comment les villes se réinventent-elles ?

Photo de Sabina Fratila sur Unsplash.com

Photo de Sabina Fratila via Unsplash.com

Aujourd’hui, les transports dans les villes sont devenus un enjeu majeur. Respect de l’environnement, qualité de vie et sécurité des habitants sont autant de problématiques auxquelles les municipalités doivent s’efforcer de répondre.

Le constat

Au fil des années, la pollution de l’air (notamment dans les villes) est devenue un danger croissant. On estime qu’elle cause la mort de 7 millions de personnes chaque année dans le monde. En France, il s’agit de la troisième cause de mortalité après le tabac et l’alcool, soit environ 48 000 décès par an. Et le secteur du transport contribue grandement à l’augmentation de ces chiffres. En effet, il serait responsable de 35% des émissions de polluants dans les villes, dont 93% de ces émissions proviendraient du secteur routier, les pots d’échappement relâchant des oxydes d’azote et des particules fines dans l’atmosphère.

Pourtant, ce sujet ne semble pas être la priorité du gouvernement français : peu de mesures ont été prises pour limiter cette pollution. C’est pourquoi la Commission Européenne a envoyé la France devant la Cour de Justice Européenne en 2018 pour le non-respect des normes de qualité de l’air. Par la suite, le gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé la fin de la vente des véhicules essence et diesel d’ici 2040. Même si cette mesure semble tardive au regard de l’urgence climatique actuelle, elle témoigne tout de même d’un premier pas en avant.

Au-delà du problème de la pollution liée aux transports, la place centrale qu’occupe la voiture dans nos déplacements urbains peut poser des problèmes de sécurité, en particulier pour les autres usagers de la route. Par exemple, 34 personnes circulant à pied ou à vélo à Paris ont perdu la vie l’année dernière. Aujourd’hui il est donc évident que la voiture n’a plus sa place dans nos villes. Les municipalités se doivent de développer une mobilité durable, c’est-à-dire l’incitation à la prise de transports plus doux, autant pour l’environnement que la qualité de vie et la sécurité des habitants.

Les villes françaises

En 2018, l’association Greenpeace a réalisé, en lien avec le Réseau Action Climat, une analyse de la mobilité durable dans les plus grandes villes de France. Cette analyse s’est basée sur quatre critères : la restriction sur les voitures polluantes, le renforcement de l’offre de transports en commun, la mise en place d’un réseau express vélo, et enfin les incitations au changement des comportements vers une réduction de l’usage de la voiture individuelle.

On peut constater que certaines villes comme Paris, Strasbourg ou Nantes sont plutôt engagées sur ce sujet. Par exemple, la municipalité de Strasbourg met à disposition plus de 5 000 vélos partagés, ce qui la classe en tête du classement des villes cyclables de France. Elle a également mis en place le premier service d’auto-partage sans station ni réservation. L’objectif de la ville est ambitieux : plus de véhicules diesels dans la ville à l’horizon 2025.

A l’inverse, on observe également des villes moins engagées sur la question de la mobilité durable, comme Nice ou Marseille. Les municipalités ne proposent pas de solutions concrètes et ambitieuses, à la hauteur des problèmes actuels de pollution.

Tableau comparatif via GreenPeace et Réseau Action Climat

L’exemple de Copenhague

Pourtant, d’autres capitales montrent l’exemple. Copenhague (Danemark) est désignée par le monde entier comme la capitale du vélo. En effet, 4 personnes sur 5 possèdent un vélo et 41% l’utilisent quotidiennement et par tous les temps. Les accidents sont limités grâce à la création de 43km de pistes réservées (dont des autoroutes pour vélos).

Les Danois ont bien compris les avantages de ce mode de transport : plus écologique, plus rapide que la voiture en ville, mais aussi meilleur pour la santé. La municipalité estime ainsi éviter chaque année 230 millions de dépenses de santé grâce à cette pratique (plus d’exercice physique, moins de pollution, …). Et lorsque le vélo ne suffit plus, les nombreux bus, métros, trains et bateaux permettent de se déplacer sans voiture dans un rayon de 80 km autour de la ville. Résultat : les voitures désertent. Elles ne représentent aujourd’hui que 33% des trajets. La municipalité souhaiterait aller encore plus loin, et abaisser ce chiffre à 25% d’ici 2025. Toutes ces initiatives ont contribué à faire de Copenhague la première capitale neutre en émissions de CO2.

Les villes françaises ont donc encore du chemin à faire, mais certaines d’entre elles semblent sur la bonne voie pour établir une mobilité durable et respectueuse de l’environnement et de ses habitants.


Sources et références