L’insertion scolaire et professionnelle des sourds en France

Photo de Sebastian Bethany Legg sur Unsplash.com

Photo de Bethany Legg via Unsplash.com

La surdité est un handicap le plus souvent invisible, mais qui touche pourtant plus de 300 000 personnes en France. Leur insertion dans la société est bien souvent difficile, mais elle n’en reste pas moins tout à fait possible lorsque certains dispositifs sont mis en place.

En France, on estime qu’environ 1 enfant sur 1000 naît sourd ou est dépisté en tant que tel avant l’âge de 2 ans. Dans la très grande majorité des cas, l’enfant naît dans une famille d’entendants car la surdité n’est pas forcément héréditaire. Malgré tout, les personnes sourdes de naissance ne représentent qu’une petite partie des 300 000 sourds de la population française. En effet, 85% des personnes sourdes ou malentendantes le sont devenues au cours de leur vie. Les raisons peuvent être diverses : maladie professionnelle, accident du travail, accident de la vie, vieillissement, etc. Cette pathologie touche le plus souvent des personnes âgées puisque 68% de la population sourde a plus de 60 ans, et les moins de 20 ans ne représentent que 4%.

Pour pouvoir communiquer, les sourds utilisent plusieurs méthodes, parfois combinées entre elles. L’une des plus répandues est la Langue des Signes. Environ un tiers d’entre eux la pratiquent couramment. Il s’agit d’une véritable langue à part entière avec sa propre grammaire et syntaxe. Contrairement à certaines idées reçues, elle est propre à chaque pays/région du monde et n’est pas universelle. Il existe en effet la Langue des Signes Allemande, la Langue des Signes Québécoise, … En France, elle n’est reconnue comme véritable langue à part entière que depuis la loi du 11 février 2005.

L’insertion en milieu scolaire

Au niveau scolaire, comme la plupart des handicaps, la surdité est souvent un frein à l’intégration. Les enfants sourds sont scolarisés soit en école classique (avec des aides et adaptations), soit en institut spécialisé. En école classique, ils sont aidés par des interprètes spécialisés en milieu scolaire. Mais ces derniers sont souvent trop peu nombreux. Par exemple, le département du Rhône comptait en 2008 seulement 10 interprètes spécialisés, alors qu’il en faudrait 3 fois plus. Pourtant, depuis 2005, c’est l’Education Nationale qui est chargée de répondre à ce besoin en milieu scolaire. L’institut spécialisé est souvent réservé à des enfants avec un retard plus fort dans l’apprentissage de la communication. Même si ce genre d’établissement aide les élèves à apprendre à leur rythme, il comporte l’inconvénient de les préserver à l’écart du « monde des entendants ». La marche sera alors d’autant plus haute à franchir lorsqu’ils devront sortir du système scolaire et s’intégrer dans le monde professionnel.

L’insertion en milieu professionnel

Comme beaucoup de handicaps, la surdité fait peur aux recruteurs, qui craignent souvent une trop grande difficulté de communication, voir même une moins bonne efficacité dans le travail. Le taux de chômage pour cette partie de la population est très fort et on estime qu’environ 34% des sourds français sont inactifs. Ils souffrent d’une carence de repères sociaux. En effet, alors que les entendants perçoivent une multitude d’information sans même qu’ils s’en rendent compte, les sourds doivent toujours être dans une démarche active de recherche d’information. Malgré tout, l’insertion professionnelle est tout à fait possible, dès lors que des adaptations sont mises en place par l’employeur. On distingue aussi une plus grande embauche dans les métiers manuels, car ils nécessitent moins de communication que d’autres métiers et comportent souvent des tâches répétitives assimilables rapidement. Mais d’autres personnes se distinguent par leur force de caractère, qui leur permet d’accéder à des métiers qu’on leur disait « impossible ». L’un des plus grands modèles de réussite dans ce domaine est Virginie Delalande, sourde de naissance, qui est devenue la première avocate sourde de France. Elle prouve qu’avec de la volonté, il est tout à fait possible de dépasser les barrières du handicap.


Sources et références