La marque de vêtement éthique Leaflong avec Matéo Grippon

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Bonjours à vous toutes et à vous tous, internautes et auditeurs de la planète Eco. Comme beaucoup de secteurs d’activité, l’univers du textile n’échappe pas à la règle d’une restructuration de son industrie. Des tissus plus écologiques et responsables mais aussi de nouvelles normes et de nouveaux labels sont venus enrichir et embellir cette profession. Mais y a-t-il encore de la place à l’innovation dans l’univers de la mode, cette profession est-elle à bout de souffle ? Dans cet épisode  je suis parti à la rencontre de Mathéo Grippon, le fondateur de la marque de vêtement éthique Leaflong. Bonjour Matéo…

Pouvez-vous vous présenter et présenter la genèse de Leaflong ?

 

Je m’appelle Matéo Grippon et je suis le fondateur de Leaflong. Pour revenir jusqu’à la genèse, c’est une histoire assez longue, mais je dirais que ça part de deux choses : la première c’est une envie d’entreprendre, de faire quelque chose qui a du sens pour moi, de pouvoir vraiment agir concrètement. Et la deuxième c’est un retour d’un voyage à l’étranger, un an passé en permis vacances travail en Nouvelle-Zélande et en Asie du sud-est. Et durant cette petite année de baroudage j’avais avec moi mon sac à dos et quelques fringues et c’est en revenant en France où il y a vraiment eu un gap qui s’est creusé entre ma manière de consommer pendant mon voyage et mon retour en France, surtout au niveau textile parce que j’étais juste parti avec 3-4 t-shirts, deux jeans et c’est tout. Et voir tous ces magasins avec des soldes sans arrêt,  je ne me reconnaissais plus du tout là-dedans et même de base je n’étais pas fan de shopping. C’était un peu cet écart qui s’est creusé à la suite de ce voyage à l’étranger. Donc c’est ces deux parties là qui se sont mises en une. Je me suis beaucoup renseigné sur le secteur de la mode et j’ai vu tous les impacts négatifs que ça pouvait avoir autant sociaux qu’environnementaux. Je me suis dis “si je veux créer quelque chose, trouver cette quête de sens, autant me lancer là-dedans”. C’est comme ça que petit à petit est venu à moi l’idée de Leaflong.

 

Alors Leaflong il y a eu un financement participatif il me semble au début ? Comment ça s’est passé ?

 

Ce n’était pas au tout début. J’ai créé la marque officieusement courant mai 2019. J’ai commencé à créer un groupe Facebook pour d’une part commencer à rassembler une communauté autour de la marque et de d’autre part pouvoir un peu sonder les gens et répondre au plus proche de leurs envies et de leurs besoins. Et donc ça m’a permis de couvrir un peu les habitudes de consommation des gens qui pouvaient être de tous horizons on va dire dans le sens où y’en a qui étaient déjà sensibilisés au « consommer mieux », à l’éthique, et d’autres ce n’était pas du tout le cas donc c’était vraiment intéressant d’avoir ces visions là très différentes.

 

Ça a servi un peu d’étude de marché finalement.

 

Oui c’est ça. J’avais envie aussi de faire ça de manière très collaborative, par exemple j’axais certaines parties du projet mais je voulais que tous se sentent acteurs et actrices de ce développement, de cette création de marque. Même pour le logo, les choses comme ça, les gens ont participé, donner leurs avis, disaient « j’aime bien ça, j’aime pas ça » et c’était vraiment super enrichissant je trouve de travailler avec toute cette communauté. J’ai lancé le projet officiellement en octobre/novembre 2019, c’était le lancement de la gamme de vêtement et c’était pour tester si les produits plaisaient, les coupes, les couleurs même le confort du vêtement. Et dès le début du projet j’avais toujours cette envie de personnalisation de vêtement, de ne pas sortir une marque de vêtement on va dire « lambda », certes qui a des valeurs écoresponsables mais derrière on est sur du basique tout simplement. Et c’est au fur et à mesure de ces mois où j’ai réfléchi à comment apporter une personnalisation qui n’est pas irréversible parce que là on a des t-shirts où on peut avoir des imprimés même à notre image, des choses vraiment uniques, mais derrière si c’est imprimé sur le t-shirt, on se retrouve avec ce t-shirt là et si dans six mois/1 an on ne se reconnaît plus là-dedans souvent on le laisse de côté. Donc c’était un peu ça l’objectif et c’est comme ça qu’est arrivée la personnalisation via les accessoires à boutonner. C’est sur cette seconde phase où j’ai fais une campagne de financement participatif. D’une part parce que c’est aussi un coup de boost niveau visibilité, et d’autre part c’était pour avoir l’aide de la communauté pour lancer tout ce projet là.

 

Du coup on a des poches personnalisables, quelles sont exactement les gammes qui existent chez Leaflong ?

 

Pour le moment les seuls accessoires c’est justement les poches, c’est autour de ça que tourne tout le concept de Leaflong. C’est quelque chose d’assez unique et original parce qu’on n’a pas vu, en tout cas tel quel, ce concept là. Il existe de manière un peu similaire mais pas comme ce que peut faire Leaflong et c’est toujours dans des valeurs écoresponsables qu’on a créé ce concept là. Les matières utilisées, les tissus utilisés c’est des draps d’hôpitaux qu’on va récupérer au CHU d’Angers qui sont réformés ou déclassés, ce sont des draps qui sont destinés à être jetés qu’on va récupérer. Ensuite on imprime des visuels dessus grâce à l’imprimante textile qu’on a dans nos locaux. Ça nous permet de proposer des visuels presque à l’infini parce qu’il faut faire attention aux droits d’auteur et aux choses comme ça aussi. Finalement on collabore avec des couturières sur la ville pour la confection. On a commencé avec Fabienne d’ « étoffe de soie » qui est passée déjà dans le podcast et avec qui on a travaillé sur les prototypes, elle était vraiment d’une grande aide autour de ça et on commence à travailler avec d’autres couturières aussi sur la ville.

 

D’ailleurs Leaflong qu’est ce que ça veut dire ? Parce qu’on parle de Leaflong depuis tout à l’heure, mais d’où provient ce nom de marque ?

 

Il n’y a pas de signification particulière. Au tout début de la marque je comptais l’appeler « 92 » parce que c’est mon année de naissance c’était juste une idée comme ça. Et au final ça a évolué après les mois de développement, c’est bien aussi quand les idées décantent un peu parce qu’on se rend compte de « ok c’est pas forcément la meilleure des appellations ». Alors au début c’était « Lifelong » qui veut dire « pour toute la vie » pour justement cette idée de durabilité. Et il y avait quelques problèmes de rapprochement avec d’autres marques qui existaient déjà dans le textile. Donc on a réfléchi à comment changer ça mais je trouvais que garder dans le nom cette idée de durabilité était assez importante et comme on voulait faire tourner la marque justement autour des valeurs de la nature, écoresponsabilité, environnement, on a pris ce petit mot, ce « leaf » qui veut dire feuille en anglais et qui garde la sonorité « Leaflong/Lifelong » donc pour toute la vie, c’est comme ça que ça s’est créé.

 

Alors on sait qu’il existe beaucoup de labels et de plus en plus de labels ecotex etc. Est-ce que vous vous travaillez justement avec ces labels là quand vous choisissez les textiles ? Et qui sont vos fournisseurs en fait pour le textile ?

 

Oui justement quand j’ai commencé à développer le projet je me suis énormément documenté, intéressé, j’ai pas mal échangé avec des acteurs du milieu sur le domaine textile pour en apprendre plus sur ces labels là parce que j’avais pas envie de voir qu’il y avait des labels sans connaître forcément les tenants et les aboutissants, si c’est un label qu’on a juste besoin de payer pour faire beau sur l’étiquette mais sans plus. Par la suite j’ai fais mes recherches de fournisseurs en partant de ces labels là et pas l’inverse, en cherchant des entreprises et en voyant comment elles étaient labellisées. C’est comme ça que j’ai trouvé le partenaire fournisseur avec qui je travaille parce que ses labels, GOTS par exemple, est l’un des labels les plus reconnus au niveau international et un des plus stricts aussi que ce soit sur l’aspect environnemental et social. Pour parler des fournisseurs, les vêtements tels quels ce n’est pas nous qui les faisons en interne, on passe par un fournisseur qui est belge et qui a ses entreprises en Asie. On a décidé de travailler avec eux parce que justement ils étaient labellisés et certifiés par les labels que nous on recherchait et on a pris le temps de bien discuter avec eux, de voir tout ce qu’ils mettaient en place pour les entreprises là-bas. Au-delà de tout l’aspect salaire, il y a aussi une aide qui est apportée, par exemple il y a des épiceries qui sont réservées pour les gens qui travaillent là-bas où on peut trouver des produits de première nécessité plus abordables que sur le marché général. Il y a des garderies qui sont mises dans les entreprises aussi pour accompagner les parents et l’idée c’est de montrer que ce qui est fait en Asie n’est pas forcément mauvais. On a cette image là et c’est normal parce que c’est ce qui se passe dans la majorité des cas mais il faut montrer aussi qu’il y a des initiatives vertueuses qui existent là-bas. Et ça permet d’une part de mettre en valeur ces initiatives là et aussi d’aider ces pays à se développer sur cet axe. Parce que, un peu de manière utopique, je me dis plus il y aura une forte demande sur des matières plus écologiques, certifiées, plus les entreprises devront se tourner vers ces matières là ou ces exigences là.

 

Et donc on est obligé d’aller voir nos cousins belges pour faire ce genre de démarche ? En France il n’y avait pas d’entreprises qui avaient ces valeurs là et qui travaillaient avec ce type d’entreprises ?

 

Si il y a plusieurs marques qui existent en France. En fait ça a été une assez longue réflexion parce que par exemple au tout début de la marque, je voulais faire des t-shirts en lin et made in France parce que le lin est une matière très écologique et made in France pour toutes ces valeurs là que je citais avant sur l’écoresponsabilité etc. Mais ce dont je me suis rendu compte c’est que ce n’est pas adapté à tous les budgets et mon objectifs aussi au travers de Leaflong c’est de pouvoir rendre cette mode là la plus accessible, la plus abordable possible. Alors quand on voit par exemple un t-shirt vendu à 25 euros on peut se dire « je ne pourrais pas m’acheter ça non plus » en fait il faut plutôt voir ça comme un investissement long terme, se dire qu’on peut trouver des t-shirts à 5 euros se dire que ce t-shirt là  va nous durer 3 mois et qu’on va devoir en racheter un et puis ce n’est pas grave parce que c’est pas cher donc on rachète on rachète. Au final au bout de 1 an/1an et demi on a mis 25 euros dans 5 t-shirts alors que celui-là on aurait payer une fois. Donc à l’achat oui c’est cher mais ce t-shirt là va durer encore 2 ans/3 ans alors qu’n devra continuer à acheter des t-shirts tous les trois mois parce qu’ils seront troués, détendus des choses comme ça.

 

Oui et puis comme on disait au début du podcast c’est vrai que l’avantage c’est qu’on achète ce t-shirt mais ensuite grâce à la personnalisation donc de ces poches, même si ce ne sont pas vraiment des poches parce qu’on ne peut rien mettre dedans, mais grâce à la personnalisation finalement on peut le garder encore longtemps, et au niveau de son humeur on peut changer. Alors ces poches là sont réversibles c’est ça, il y a deux faces ?

 

C’est ça. Et oui c’est bien de le préciser ce ne sont pas des poches à proprement parler ce sont plutôt des accessoires décoratifs. Elles sont recto-verso ce qui permet, comme vous dîtes, de pouvoir un peu changer d’humeur dans la journée et de changer de style. Mais oui c’est ça c’est ce combiné aussi d’avoir une gamme de vêtements qui est robuste, solide mais qui reste confortable, qu’on aime porter, et justement se dire que “si je le garde six mois/1 an/2 ans moi j’aime bien avoir un peu de nouveauté, que ça change » parce que sinon on perd en désirabilité pour son vêtement. C’est là aussi que le concept intervient c’est de se dire par exemple je prends une poche marinière que je porte pendant 6 mois mais au bout d’un moment je me suis lassé donc plutôt que de racheter tout un t-shirt avec des motifs marinières ou autre là on reprend juste une petite poche qui elle en plus est recyclée donc c’est de la réutilisation de matière, on change de style et le t-shirt est reparti pour six mois/1 an.

 

Et votre gamme elle est unisexe j’imagine, c’est femme, homme, enfant aussi ?

 

Alors il n’y a que pour adultes, concernant les t-shirts il y a modèles homme et femme et ensuite pour les sweats c’est de l’unisexe.

 

Et pas de chemise ?

 

Pas de chemise non, pas encore.

 

Donc sans chemise et sans pantalon chez Leaflong, mais avec un t-shirt quand même c’est mieux. Alors j’ai une question récurrente dans mon podcast qui est : est-ce que vous pensez que les futures générations auront justement une fibre un peu éco ? Alors on peut mettre beaucoup de choses derrière éco bien évidemment.

 

Alors je pense oui, enfin je dirais que toutes et tous l’auront mais je me dirais que d’une part vu les prévisions qu’on a au final se sera presque imposé, mais je dirais que c’est même le cas aujourd’hui avec par exemple toutes les marches pour le climat, on voit beaucoup de jeunes qui sont engagés et même ceux qu’on ne voit pas sur les médias ou autre je pense que tout le monde l’a un petit peu, chacun fait son geste à sa manière en fait. Par exemple pointer du doigt quelqu’un qui va manger de la viande alors que derrière il prend les transports en commun, qu’il prend que des vêtements de seconde main etc. Et inversement une personne qui va être totalement végan mais qui va prendre l’avion. Voilà c’est chacun fait ses gestes à son niveau, à son échelle, il mène les combats qu’il souhaite et tout le monde agit à sa manière, à son niveau. Je pense que ça le sera oui de plus en plus parce que il y a aussi beaucoup plus de solutions qui se créent et qui sont proposées et donc qui nous facilitent aussi cette avancée vers le « consommer mieux ».

 

Comment on peut commander chez Leaflong et comment on peut vous contacter ?

 

Il y a le site internet Leaflong.fr, tout est mis sur le site et pareil en toute transparence on peut retrouver toutes les infos directement sur le site. Et pour les angevins et les angevines, s’ils le souhaitent ils ont la chance de pouvoir venir directement au local pour discuter et voir les vêtements, tester et toucher s’ils le souhaitent.

 

Super très bien, merci beaucoup Matéo Grippon pour cette interview, et j’encourage tout le monde bien évidemment à venir donc à Angers pour venir tester et bien sûr acheter les produits Leaflong. A bientôt. Merci d’avoir écouté cet épisode de Génération Eco, merci également pour vos partages et vos commentaires sur les différentes plate-formes d’écoute et les réseaux sociaux LinkedIn, Facebook, Twitter et Instagram, cela m’encourage et aide ce podcast à grandir. A bientôt sur Génération Eco.